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L'église de Lévis Saint-Nom

(Notes du frère Jean Pellé et de Mr. Civel)

L'église de Lévis-Saint-Nom fut construite avant le 12ème siècle, sur la limite des diocèses de Paris et de Chartres ; c'est la raison pour laquelle on retrouve à l'inté­rieur, des statues et figures de style parisien et chartrain. Elle a été édifiée entre deux monastères : l'Abbaye de la Roche, totalement achevée au milieu du 13ème siècle, et le prieuré de l'Yvette, construit aux 9ème/10ème siècle. Le chanoine Grégoire, qui est venu chaque dimanche à Lévis célébrer la messe pendant plusieurs années, nous a fait découvrir les dernières traces du passage des moines dans notre église. Il s'agit de deux petites tablettes clouées sur le côté droit des deux stalles les plus proches de l'autel, qui servaient de support pour les lampes à huile des moines, et pieusement conservées par les Lévissiens.

Toutes les églises, entre Reims et Chartres, ont énormément souffert de la guerre de 100 ans. Après cette dernière, la nôtre a dû subir de gros travaux. Ce sont des charpentiers de marine qui ont refait les voûtes ; la plupart sont en bois, en forme de coque renversée de navire.

Entourée de son cimetière et de quelques maisons, l'ensemble formait le chef-lieu de la commune de Lévis, remarquable position sur un coteau qui s'élève face au midi et domine la vallée de l'Yvette et le vallon du Pommeret.

L'église semble être à l'origine du Xllème siècle. Il en subsiste la partie inférieure, épaulée régulièrement de contreforts à trois ressauts, terminés par un glacis montant jusqu'à la toiture. C'est une longue chapelle accompagnée d'une tour terminée en pavillon d'ardoise (dans son sermon sur la Bible que nous faisait le Père Audras, S.J., nous avons appris que notre église avait sensiblement les mêmes dimensions que le premier temple de Salomon, en ce qui concerne la partie sacrée, hors esplanade, soit environ 25 m. sur 10 m.). La tour carrée, avec ses fenêtres géminées, tout le tour méridional de la nef, avec ses étroites fenêtres et l'arcade ogivale bouchée qui servait autrefois d'entrée, datent des premières années du 13ème siècle. Au début du l6ème siècle l'édifice subit un profond remaniement, et c'est à cette époque que remonte le portail à cintre surbaissé, qui donne accès à l'église par le côté ouest. L'archivolte de ce portail repose à droite sur un cul-de-lampe sur lequel on remarque avec intérêt une figure chimérique à visage humain et à corps de dragon, et à gauche sur un autre cul-de-lampe orné d'un musicien jouant de la cornemuse.

Ce fut après l'achèvement de cette transformation que la dédicace de l'église fut faite le 5 juillet 1537, le jour même de la fête de SAINT-NOM, patron de la paroisse. C'est l'évêque de Chalcédoine, invité par l'abbé Commandataire de Notre-Dame de la Roche, et les marguilliers, avec l'accord de l'évêque de Paris, qui présida les fêtes de la Dédicace. Un escalier souterrain partant du presbytère donnait au curé une entrée particulière dans la nef.

La sacristie, adossée au chevet oriental, est un édicule relativement moderne et sans caractère, bâti en 1765 par le curé François Légat, grâce à des dons de plusieurs notables de la commune et des environs. Nous pouvons citer parmi eux le duc de Penthièvre, l'abbé de La Clue, Prieur Commandataire de l'Abbaye de Notre-Dame de la Roche, Monsieur Lebas, propriétaire de la Boissière. En 1770, on rétablit à neuf et en ardoise les abat-sons du clocher, qui auparavant étaient en bois ; cette opération a coûté deux cents livres.

En entrant, à droite, la porte des fonds baptismaux a été murée. Pourtant sa signification était symbolique, puisque la Bible nous dit: "Etroite est la porte qui mène à la vie". Sa dimension illustrait cette phrase ; cette porte s'appelait aussi porte des catéchumènes.

Un peu plus loin, du côté sud de la nef, une autre porte a été murée ; elle conduisait directement au cimetière, sans passer par la porte de la vie, ou porte du baptême.

A l'intérieur, la plus célèbre statue, placée au milieu du mur du chevet, est une Vierge à l'Enfant du 14ème siècle, en pierre, mais de marbre au visage et aux mains. Elle mesure 1 m. 10 de hauteur, et est appelée Notre-Dame de la Roche. Provenant de l'Abbaye voisine, et installée dans l'église depuis 1810, elle est l'objet depuis toujours d'une grande dévotion, et d'un pèlerinage qui a lieu le 8 septembre (Fête de la Nativité de la Vierge).

A droite et à gauche, deux statues de style parisien à plis droits : Saint-Thibault, célèbre abbé de l'Abbaye voisine des Vaux-de-Cernay (de 1235 à 1247), apparenté à la famille de Lévis, est représenté avec la mitre et la crosse des abbés tournées vers l'intérieur ; et Saint-Nom, dont une main maintenant cassée portait une église, ce qui indique que l'on a bien voulu représenter là notre saint patron.

En fait, il existe deux SAINT NOM : l'un vécut au 8ème siècle sous les règnes de Louis le Débonnaire et de Charles le Chauve. Sans doute chorévêque, et sous l'autorité de deux évêques, il avait reçu pour mission d'évangéliser le pays Pincerais (aujourd'hui Poissy), situé aux confins des diocèses de Paris et de Chartres. Le centre de son apostolat devait être le village de Villepreux, et c'est là qu'il a dû mourir, car c'est dans ce village que ses reliques sont conservées, aussi loin que l'on peut remonter dans le temps.

L'abbé Leboeuf dit qu'elles ont été déposées dans une nouvelle châsse en 1735 ; l'ancienne, qu'il a vue, lui semblait être du 13ème siècle. Elle contenait aussi deux doigts de Saint Germain d'Auxerre, patron de cette église.

Quelques auteurs ont prétendu qu'il s'agissait d'un évêque oriental : Saint "Nonnus", évêque d'Edesse vers 450, qui combattit le Nestorianisme, hypothèse relevée dans le reliquaire qui se trouve dans notre église, où l'on peut lire : Sancti Nonnii, évêque d'Edesse. Ce reliquaire se trouve à l'emplacement de la porte des défunts, mur sud de la nef.

Au milieu du choeur, deux statues de style chartrain, à vêtements drapés. Nous trouvons à droite la statue de Saint Mamert (15ème siècle), qui était appelé fami­lièrement Saint Memet. Ce saint est vénéré dans une petite chapelle circulaire, au lieu-dit Saint-Mamert, commune de Maintenon. Nos ancêtres lui attribuaient le pouvoir de guérir les affections et maux abdominaux. On l'implorait aussi lors des accouchements difficiles.

Saint Mamert (vers 480), martyr, éventré par ses bourreaux, ramassa ses entrailles et les emporta dans ses mains. Evêque de Vienne en Dauphiné, il est l'inventeur de la fête des Rogations, instituée pour la protection de Dieu devant les catastro­phes naturelles. Il est fêté le 11 mai.

Mais à l'origine, cette statue a pu être celle de Saint Jean, transformée en Saint Mamert. Comparable à celle de l'église de Maincourt (cheveux et traitement des draps), l'arrachement au niveau de la taille pourrait venir d'un changement d'attribut. Celui que tient le saint est difficile à identifier : peut-être des intestins, attribut de Saint Mamert.

En face de Saint Mamert, on trouve la statue de Sainte Geneviève (début du l6ème siècle), à rapprocher de Saint Cyprien et Sainte Cornélie, de l'église des Essarts-le-Roi. Sainte Geneviève (426-512) sauva Paris en 451 des hordes d'Attila et de la famine, en organisant son ravitaillement.

Dans la nef, dans une niche, on voit la statue de Saint Pierre (16ème siècle) : elle se trouvait autrefois dans la chapelle du prieuré de l'Yvette, qui était sous le patronage de Saint-Pierre. La statue porte à son dos la mention : Sanctus Petrus fessatonsis Yvettae patronus (Saint Pierre patron des fossés de l'Yvette).

Ce prieuré, érigé sous le vocable de Saint-Pierre, avait été établi auprès du ruisseau "YVETA", sur un domaine qui avait été donné, dés la fin du IXème siècle, à titre de possession perpétuelle, par l'un de nos rois, probablement Charles le Chauve. Une charte du Roi Henri 1er, de l'année 1043 en confirme la donation.

En face de cette statue de Saint-Pierre, se trouve une autre petite statue de la Vierge, en pierre. Elle est vraisemblablement dans l'église de Lévis depuis le 15ème siècle. Elle porte l'Enfant-Jésus sur le bras droit, et le drapé de son manteau est élégant.

Il faut remarquer que les statues de la Vierge, toutes deux classées, sont toujours polychromées comme à l'origine.

Un grand et beau Christ en Croix du l6ème siècle, en bois, aussi classé, est placé contre l'arc qui rachète la différence de niveau entre les toits de la nef et du choeur. Des trois personnages qui existaient à l'origine au pied de la Croix, il ne reste plus que Sainte Marie-Madeleine.

On ne peut quitter l'église sans parler de son clocher, si cher encore actuellement aux enfants de Lévis, qui chaque dimanche vont sonner les deux cloches. Primitivement il en contenait trois, dont deux d'entre elles ont été supprimées à la Révolution. L'une d'elles avait été bénie par l'abbé Légat, dont nous parlons plus haut, et qui en fit, presque à lui seul, les frais pour le service de son église.

Après la Révolution et au tout début du 19ème siècle, il ne restait dans le clocher qu'une grosse cloche, celle qui y est aujourd'hui - offerte en l'année 1602, et sous le pastorat de Mr Alexandre Corbellin, par Messire Emmanuel de Crussol, duc d'Uzès, pair de France, l'un des derniers barons de Lévis, qui en fut le parrain. Il lui donna le nom de Marie, la marraine en étant Marie de Rubentel, épouse du seigneur du Mesnil-Saint-Denis, Messire Loys Habert de Montmort. Cette cloche, qui date du règne d'Henri IV, serait antérieure au gros bourdon de Notre-Dame.

Probablement fondue au pied du clocher avec des ustensils en cuivre ou en étain apportés par les paroissiens pour sa fusion, elle pèse plus de 750 kilos, a un diamètre de plus d'un mètre, et est une magnifique oeuvre d'airain, à la sonorité profonde. Gravés sur la partie supérieure on y lit facilement sa date de fabrica­tion, le nom de ses parrain et marraine, le nom du curé de l'époque, le nom des fondeurs, et celui du marguillier (cf. texte ci-dessous).

Avec cette grosse cloche de 1602, il y a une petite cloche qui fut apportée en 1810 de l'Abbaye de Notre-Dame de la Roche, avec d'autres objets affectés au culte (non compris dans la vente de l'Abbaye, et qui, d'après les contrats établis, demeuraient expressément réservés au profit de l'église paroissiale de Lévis-Saint-Nom), et dont il ne reste rien après les différents cambriolages qu'a connus notre église.

Cette seconde cloche, appelée autrefois la "cloche de hasard", a toute une histoire. Elle est couverte de fleurs de lys, et décorée de reliefs peu saillants représentant la-Vierge à l'Enfant, le Christ en croix, avec ces deux mots "Salvator Mundi", enfin Saint Nicolas, reconnaissable à ses attributs ordinaires. On peut lire sur cette cloche l'inscription : "L'an 1646, du temps de noble et vertueuse Dame Gabrielle d'Amilly, Abbesse, cette cloche est nommée "Jeanne" par noble Homme Jean Couturier, lieutenant général de Mantes".

Selon les auteurs du "Gallia Christiana", Gabrielle d'Amilly, qui mourut en 1633, était, dès la date de la fusion de cette cloche, abbesse de l'Abbaye Royale de Saint-Corentin, monastère des Bénédictines près de Septeuil.

Nous pouvons nous demander pourquoi Saint-Nicolas figure sur cette cloche; la raison en est que Septeuil l'a pour patron. Les fleurs de lys peuvent s'expliquer par l'ardente amitié de Blanche de Castille pour ce monastère de Saint-Corentin où elle voulut que reposât son coeur.

On peut également se demander pourquoi cette cloche, qui pendant longtemps a dû servir au monastère de Saint-Corentin, se trouva-t-elle à Paris chez un antiquaire... Nous l'ignorons certes ; mais ce qui est certain, c'est que le 21 novembre 1774, on monta dans le clocher de l'Abbaye de Notre-Dame de la Roche cette cloche que Messire de la Clue, prieur Commandataire de l'Abbaye avait achetée à Paris pour remplacer celle qui était cassée. Elle servit jusqu'en 1810 à la chapelle de l'Abbaye. C'est elle que l'on sonne encore alternativement avec la grosse cloche, chaque dimanche, à 10 h.00 et à 10 h. 15.

 

Inscription de la grosse cloche :

  • 1ère ligne : IHS FAITE 1602 ET NOMMEE MARIE PAR MESSIRE EMMANUEL DE CRUSOL ET PAR DE FRANCE ET
  • 2ème ligne : BARON DE LEVÉS ONBLE HOMME YEHAN HATRY SON RECEPTEUR STIPULANT POUR LUI ET DAME MARIE RUBENTAL
  • 3ème ligne : DE NOBLE LOYS SR DU MESNIL ET DMe CATHERINE DE BAILLON FEMME DE NOBLE HO PAUL. PACTE ESCr DU
  • 4ème ligne : PAR GUETTE ET DESBORDES Mr. ALEXANDRE CORBELIN PBR CURE DE CE LIEU - NOËL GARDY MARG LRS.